Avril Juin 2005
BICA #109
Le BICA 109 est consacré aux règles juridiques applicables aux coopératives agricoles et à leurs associés coopérateurs. Il traite notamment de la durée des engagements, de la transmission d’une exploitation agricole, de la preuve de la qualité d’adhérent, des pouvoirs des dirigeants et des conséquences fiscales ou sociales de certaines opérations. Le dossier central porte sur la fraude lors de la mutation d’une exploitation agricole. Le bulletin rappelle qu’un associé coopérateur peut normalement transmettre ses parts au nouvel exploitant. Toutefois, cette possibilité ne doit pas être utilisée artificiellement pour contourner son obligation d’apporter sa production à la coopérative. La fraude doit être démontrée par la coopérative, qui doit établir une véritable entente entre le cédant et le nouvel exploitant. Le numéro présente également plusieurs décisions de jurisprudence concernant les coopératives, les GAEC, les EARL, les CUMA et les sociétés agricoles. Il apporte enfin des informations courtes sur les évolutions législatives et réglementaires de 2005.
Sommaire
Fraude lors de la mutation d’une exploitation
- la fraude ne se présume pas ;
- c’est à la coopérative de la prouver ;
- l’absence de motif légitime ne suffit pas, à elle seule, à caractériser une fraude ;
- il faut démontrer une véritable entente frauduleuse entre le cédant et le nouvel exploitant.
a. Date d’adhésion de l’associé coopérateur
b. Preuve de la qualité d’associé coopérateur
- le registre des parts sociales ;
- les états de souscription ;
- la participation aux assemblées générales ;
- les comptes de récolte ;
- la reconnaissance de la détention de parts sociales.
c. Constitution d’un GAEC par un associé
d. Pouvoirs du directeur en matière de caution
- une décision expresse du conseil est nécessaire ;
- une simple délégation de signature ne suffit pas ;
- le directeur, qui est un salarié et non un mandataire social général, ne peut pas prendre seul des engagements importants.
e. Dénonciation de la mutation et transfert des parts
- que la mutation a été régulièrement dénoncée ;
- qu’il a acquis les parts sociales ;
- qu’il possède bien la qualité d’associé coopérateur.
f. Société de fait entre coopératives
Juridiques
- l’absence de convocation d’un associé ne provoque pas forcément la nullité de l’assemblée si tous les associés sont présents ou représentés ;
- certaines cessions de baux ruraux par une SAFER peuvent être annulées ;
- les coopératives d’insémination doivent abandonner leur monopole ;
- les CUMA peuvent bénéficier d’aides pour l’achat de matériel en zone de montagne ;
- les CUMA peuvent prêter de la main-d’œuvre à leurs adhérents, à condition que l’opération soit sans but lucratif ;
- un droit d’auteur sur un logo suppose de démontrer l’originalité et l’intervention créative de son auteur ;
- les formalités auprès du registre du commerce peuvent être effectuées par voie électronique.
Projet de loi d’orientation agricole
- une limitation des parts à avantages particuliers à moins de la moitié du capital ;
- la possibilité de distribuer certains dividendes sous forme de parts sociales ;
- le choix entre le paiement de la ristourne en numéraire ou en parts sociales ;
- un éventuel report d’imposition lorsque la ristourne est versée en parts ;
- la création d’un Haut Conseil de la coopération agricole ;
- l’augmentation du plafond applicable aux CUMA ;
- une réforme du fonctionnement, de la révision et du contrôle légal des coopératives.
Réformes concernant les EARL et les GAEC
EARL
- les mineurs peuvent désormais être associés, sans participer effectivement aux travaux ;
- la limite de dix associés est supprimée ;
- la limite concernant la superficie maximale exploitée est également supprimée.
GAEC
- d’accorder un délai de régularisation lorsqu’un GAEC risque de perdre son agrément ;
- de prévoir un délai allant jusqu’à un an, renouvelable une fois ;
- de préciser la distinction entre GAEC total et GAEC partiel ;
- de renforcer les règles encadrant les activités exercées en dehors du groupement.
Actualités fiscales et sociales
- certaines prestations des CUMA facturées à des associations non adhérentes peuvent rester considérées comme réalisées au profit des associés coopérateurs, et bénéficier de l’exonération d’impôt sur les sociétés ;
- la contribution sociale de solidarité est plafonnée à 3,08 % de la marge brute ;
- une société qui reprend une exploitation exclusivement agricole peut bénéficier d’une doctrine administrative favorable en matière de droits de mutation.