Avril Juin 2008
BICA #121
Le BICA 121 est principalement consacré à la modernisation du cadre juridique et comptable des coopératives agricoles. Le bulletin analyse deux décrets importants de 2008 : l’un modifie le fonctionnement, le contrôle, la gouvernance et les obligations comptables des coopératives ; l’autre organise l’accès des réviseurs agréés du secteur coopératif agricole à la profession de commissaire aux comptes. Il présente également une étude pratique détaillée sur les différentes catégories de parts sociales, leurs règles de détention, leur rémunération et la responsabilité financière des associés. Les autres chapitres traitent du calcul du quorum, de la réforme viticole de la PAC et de nombreuses décisions juridiques, sociales et fiscales.
Sommaire
Décret du 17 avril 2008 relatif aux coopératives agricoles
- les statuts sont désormais accessibles auprès du greffe, selon des modalités proches de celles applicables aux sociétés commerciales ;
- l’interdiction pour un agriculteur d’adhérer à plusieurs coopératives pour un même service et une même exploitation est supprimée ;
- le nombre de parts sociales doit être réajusté lorsque l’engagement d’activité augmente ou diminue de manière durable ;
- le règlement intérieur doit préciser les modalités de réajustement du capital, ainsi que les éventuelles sanctions et les règles de remboursement ;
- le conseil d’administration peut confier la gestion à un ou plusieurs administrateurs habilités ;
- les délégations de pouvoirs doivent être précisément définies et, lorsqu’elles doivent être opposables aux tiers, être correctement déclarées au registre du commerce ;
- les règles relatives au dépôt des comptes annuels, consolidés ou combinés sont clarifiées ;
- les coopératives dépassant deux des trois seuils réglementaires doivent désigner un commissaire aux comptes et un suppléant ;
- les documents comptables doivent être déposés au greffe après leur approbation par l’assemblée générale ;
- les délais de transmission des documents au Haut Conseil de la coopération agricole sont allongés à trois mois ;
- les demandes d’agrément et certaines décisions du Haut Conseil doivent être publiées en ligne ;
- les règles relatives à la dissolution, à la liquidation et à la responsabilité financière des associés sont réorganisées.
Décret n° 2008-242 : Accès des réviseurs agréés à la profession de commissaire aux comptes
- honorabilité et absence de condamnation incompatible avec la fonction ;
- absence de faillite personnelle ou d’interdiction de gérer ;
- diplôme d’enseignement supérieur d’au moins trois années d’études après le baccalauréat, ou expérience professionnelle plus longue dans certains cas ;
- au moins trois années d’expérience dans le contrôle légal des comptes au sein d’une fédération agréée, avec une dérogation possible pour les personnes justifiant de quinze ans d’expérience ;
- prestation de serment devant la cour d’appel ;
- formation professionnelle organisée par la Compagnie nationale des commissaires aux comptes dans les douze mois suivant l’inscription.
Pondération des voix et calcul du quorum
- les règles de pondération utilisées pour voter ;
- les règles de calcul du nombre de membres nécessaires pour atteindre le quorum.
Réforme de la PAC dans le secteur viticole
- la mise en place d’enveloppes nationales permettant aux États d’adapter les mesures à leur situation ;
- la suppression progressive des droits de plantation ;
- la réduction puis la disparition progressive de certains régimes de distillation ;
- la possibilité d’un paiement unique par exploitation pour certains producteurs ;
- un dispositif d’arrachage volontaire des vignes sur trois ans ;
- une simplification des règles d’étiquetage ;
- le maintien temporaire de certaines aides et pratiques œnologiques ;
- une évolution du rôle de la Commission européenne dans l’autorisation des pratiques œnologiques.
- les parts détenues par les associés coopérateurs au titre de leur engagement d’activité ;
- les parts détenues par les associés non coopérateurs ;
- les parts sociales d’épargne détenues par les associés coopérateurs ;
- les parts à avantages particuliers, notamment celles destinées au financement des filiales.
Réajustement du capital
- la période de référence ;
- la méthode de calcul ;
- la fréquence des réajustements ;
- les conséquences d’un refus ou d’un défaut de souscription ;
- les modalités de remboursement des parts devenues excédentaires.
Seuils de détention
Responsabilité financière
Rémunération des parts
- les parts des coopérateurs sont rémunérées dans la limite du taux moyen de rendement des obligations ;
- les parts des non-coopérateurs peuvent bénéficier d’une majoration maximale de deux points ;
- les parts à avantages particuliers peuvent bénéficier d’une rémunération prioritaire ;
- les parts dédiées au financement de filiales peuvent recevoir une rémunération liée aux dividendes versés par ces filiales ;
- les ristournes sont en principe attribuées aux associés encore inscrits au fichier des coopérateurs à la clôture de l’exercice.
Juridiques
- le Haut Conseil de la coopération agricole organise l’agrément et le contrôle des coopératives ;
- un nouveau dispositif d’allégement des charges remplace les anciens prêts bonifiés accordés après des calamités agricoles ;
- une société civile non immatriculée au registre du commerce avant le 1ᵉʳ novembre 2002 a perdu sa personnalité morale et ne peut plus agir en justice comme une société ;
- une coopérative doit respecter les règles de facturation et formaliser par écrit les prestations commerciales facturées ;
- la commercialisation d’un vin non conforme peut constituer un délit de tromperie ;
- un cautionnement donné par une coopérative doit avoir été autorisé par l’organe compétent ou faire l’objet d’une délégation expresse ;
- l’usage d’une marque viticole antérieure peut être maintenu lorsque les conditions de production excluent tout risque de confusion ;
- le paiement effectué par un tiers, et non par le débiteur lui-même, n’est pas nécessairement annulable pendant la période suspecte d’une procédure collective.
Sociales
- une lettre de démission ne met fin au contrat que si elle exprime une volonté claire et non équivoque ; à défaut, un licenciement ultérieur peut être examiné ;
- lorsqu’un salarié est déclaré inapte, l’employeur doit le reclasser ou le licencier dans le délai légal. À défaut, il doit reprendre le paiement du salaire correspondant à l’emploi antérieur.