Juillet Septembre 2008
BICA #122
Le BICA 122 est principalement consacré à la restructuration des coopératives agricoles et de leurs unions. Il analyse le nouveau cadre juridique et comptable applicable aux fusions, scissions, apports partiels d’actifs et apports de branches d’activité. L’objectif général est de sécuriser ces opérations, en renforçant : la protection et l’information des associés coopérateurs ; la transparence financière à l’égard des associés et des créanciers ; l’encadrement comptable des apports ; le contrôle exercé par les organes de révision, les commissaires aux comptes et le Haut Conseil de la coopération agricole ; la conformité des coopératives agricoles avec le droit national et communautaire. Le bulletin présente également plusieurs décisions de jurisprudence et textes récents concernant la qualité d’associé coopérateur, la responsabilité des dirigeants, les aides agricoles, les normes comptables, la prescription civile et la fiscalité des plus-values immobilières professionnelles. Attention : ce document date de 2008. Les textes et références juridiques doivent donc être vérifiés au regard du droit actuellement en vigueur.
Sommaire
Restructuration des coopératives agricoles
- la fusion ;
- la scission ;
- l’apport partiel d’actifs ;
- l’apport d’une branche d’activité ou de production ;
- certaines fusions avec des sociétés commerciales détenues intégralement par la coopérative.
- les apports sont en principe évalués à leur valeur nette comptable ;
- la parité d’échange repose sur la valeur nominale des parts sociales, et non sur la valeur économique globale de la coopérative ;
- les réserves restent impartageables ;
- la rétroactivité comptable des opérations devient possible ;
- l’augmentation de capital correspond principalement au montant du capital de la coopérative absorbée.
- le projet de fusion ou de scission ;
- le rapport spécial de révision ;
- les comptes annuels et rapports de gestion des trois derniers exercices ;
- des comptes intermédiaires récents.
La qualité d’associé coopérateur s’acquiert par la souscription de parts sociales. En revanche, cette qualité peut être prouvée par tout moyen, et pas uniquement par la production du registre des adhésions. Un bulletin d’adhésion écrit n’est donc pas indispensable lorsque la souscription des parts est établie autrement.
Les statuts de l’union déterminent les obligations d’apport, de livraison et de souscription de parts. L’absence d’une convention écrite séparée ne suffit pas à écarter les engagements prévus par les statuts.
Un dirigeant ne peut s’exonérer de sa responsabilité grâce à une délégation de pouvoirs que si le délégataire dispose réellement de l’autorité, des compétences et des moyens nécessaires. En matière de pollution, la responsabilité du directeur général a été retenue parce que les mesures prises étaient insuffisantes et que les dysfonctionnements étaient connus.
La juridiction a annulé des titres de recettes émis contre une coopérative, car le contrôle administratif avait été réalisé hors du délai prévu par la réglementation européenne. Elle a également confirmé que, pour l’aide aux noisettes, seules les quantités répondant aux exigences de qualité après agréage pouvaient être retenues.
Juridique
Une coopérative ou un opérateur peut être responsable de la livraison de semences non conformes. Toutefois, l’indemnisation suppose de démontrer précisément le lien de causalité entre la faute et le préjudice subi.
La présence de silos importants à proximité d’habitations doit être prise en compte par l’administration lors de l’autorisation d’un lotissement. L’État peut être responsable s’il délivre une autorisation sans tenir compte des risques connus ou s’il laisse fonctionner des installations non conformes.
Les normes internationales s’appliquent obligatoirement principalement aux comptes consolidés des sociétés faisant appel public à l’épargne. La qualification des parts sociales des coopératives, entre capitaux propres et dettes, dépend notamment du droit de la coopérative à refuser leur remboursement et des règles légales applicables.
Deux décrets précisent la participation des salariés dans la société coopérative européenne, notamment le fonctionnement du groupe spécial de négociation et du comité de la société coopérative européenne.
Le bulletin signale une intervention du ministre de l’Économie concernant une opération de concentration entre coopératives agricoles, notamment Agrial et Union Set.
La loi du 17 juin 2008 réduit le délai de prescription de droit commun de trente à cinq ans. Le délai applicable aux actions des professionnels contre les consommateurs est ramené à deux ans. Certains délais peuvent être aménagés contractuellement, dans les limites prévues par la loi.
La loi du 3 juillet 2008 encadre notamment les fusions transfrontalières, le contrôle de leur légalité, la participation des salariés et certaines simplifications en matière de fusions et scissions. Elle modifie aussi des règles applicables aux sociétés coopératives, notamment concernant les associés non coopérateurs et la dévolution du boni de liquidation.
Deux circulaires de Coop de France récapitulent les démarches liées à la création d’une coopérative ou d’une union, ainsi que les formalités à accomplir après les assemblées générales auprès du registre du commerce et du Haut Conseil de la coopération agricole.
Le bulletin rappelle les grandes orientations de la loi du 4 août 2008 : renforcer l’attractivité de l’économie française, stimuler la concurrence et favoriser l’entrepreneuriat.
Fiscalité
- les plus-values sur parts de sociétés à prépondérance immobilière, sous certaines conditions ;
- les associés qui exercent effectivement une activité professionnelle dans la société ;
- certains bailleurs à métayage participant réellement aux risques de l’exploitation ;
- les constructions, plantations, aménagements, améliorations foncières et droits réels immobiliers inscrits à l’actif.