Avril Juin 2019
BICA #165
Le BICA n° 165 est consacré à la contractualisation et à la rémunération des apports dans les coopératives agricoles après la loi EGALIM du 30 octobre 2018 et l’ordonnance du 24 avril 2019. La réforme généralise l’obligation de contractualisation écrite dans les relations agricoles, renforce la prise en compte des coûts de production et des prix de marché et impose une information beaucoup plus complète des associés coopérateurs. Les coopératives agricoles ne sont pas exclues du dispositif : elles peuvent appliquer leurs propres règles statutaires ou réglementaires uniquement si celles-ci produisent des effets similaires à ceux prévus par la loi. Le bulletin présente également quatre décisions de jurisprudence concernant les SICA, les comptes courants d’associés, la mise à disposition de parcelles et la preuve des créances, ainsi que plusieurs textes législatifs et réglementaires.
Sommaire
A. L’application d’EGALIM aux coopératives agricoles
Une réforme applicable au contrat d’apport
- une dimension contractuelle ;
- une dimension institutionnelle ;
- l’adhésion à une organisation collective ;
- un engagement de livraison ou d’utilisation des services.
- au prix ou aux modalités de détermination du prix ;
- aux quantités, à l’origine et à la qualité des produits ;
- aux modalités de collecte et de livraison ;
- aux délais et modalités de paiement ;
- à la durée de l’engagement ;
- à la force majeure ;
- aux modalités de résiliation ;
- aux préavis et indemnités éventuelles.
Le champ d’application
- les produits agricoles figurant à l’annexe I du règlement européen portant organisation commune des marchés agricoles ;
- les produits destinés à la revente ou à la transformation en vue de leur revente ;
- les contrats écrits conclus entre producteurs et acheteurs.
- les produits qui ne figurent pas dans l’annexe européenne et qui ne sont pas concernés ;
- les opérations qui ne font l’objet d’aucun écrit ;
- les produits soumis à un accord interprofessionnel ou à un décret spécifique ;
- toutes les autres ventes écrites de produits agricoles, désormais soumises au nouveau dispositif.
B. La détermination et la rémunération du prix
Les indicateurs à prendre en compte
- les coûts pertinents de production en agriculture ;
- l’évolution de ces coûts ;
- les prix constatés sur les marchés concernés ;
- l’évolution de ces prix ;
- la quantité, la composition, la qualité, l’origine et la traçabilité des produits ;
- le respect éventuel d’un cahier des charges.
La compatibilité avec le modèle coopératif
- le caractère collectif de la coopérative ;
- la mutualisation des opérations ;
- les pouvoirs du conseil d’administration ;
- le rôle de l’assemblée générale pour les ristournes ;
- l’absence de garantie systématique de bénéfice ou de prix minimum.
C. Le document unique et l’information des associés
- les quantités et caractéristiques des produits à livrer ;
- les modalités de paiement ;
- les acomptes ;
- les compléments de prix ;
- les règles de détermination du prix ;
- les indicateurs pris en compte ;
- les modalités de retrait ou de résiliation.
- le prix annoncé précédemment ;
- le prix effectivement payé ;
- l’écart entre ces deux montants ;
- l’écart entre le prix payé et les indicateurs de coûts et de marché ;
- la rémunération définitive globale liée aux apports.
- le prix versé sous forme d’acompte ;
- le complément de prix ;
- les ristournes.
D. La revente des produits
- les indicateurs utilisés pour rémunérer les apports ;
- ou, lorsque le prix est déterminé à l’avance, les indicateurs relatifs aux prix des produits agricoles concernés.
- le prix payé au producteur ;
- le prix de revente ;
- les conditions de marché ;
- la répartition de la valeur dans la chaîne alimentaire.
E. L’application dans le temps
- les secteurs dans lesquels l’écrit était déjà obligatoire devaient être mis en conformité avant le 1er avril 2019 ;
- les autres engagements devaient être adaptés lors de leur prochain renouvellement et au plus tard le 1er novembre 2019 ;
- les adhésions et renouvellements intervenant après le 1er février 2019 devaient respecter immédiatement les nouvelles règles.
F. Les sanctions
- le refus de formuler une offre écrite conforme ;
- l’absence de réponse à une proposition de contrat ;
- le défaut de motivation d’un refus ;
- l’absence de clauses relatives au prix ou aux indicateurs ;
- le défaut d’information des associés.
A. SICA et réduction de la cotisation foncière des entreprises
- une activité de commercialisation de produits issus de ses associés ;
- une activité d’approvisionnement de ses associés ;
- des achats réalisés auprès des associés ;
- des ventes réalisées auprès des associés ;
- de l’ensemble des achats et ventes correspondant aux activités concernées.
B. Compte courant d’associé et date d’adhésion
- le bulletin d’adhésion ;
- le règlement intérieur ;
- le relevé du compte courant ;
- les mises en demeure ;
- les modalités de paiement et les intérêts de retard.
C. Mise à disposition de parcelles de communaux
D. Créance et preuve des livraisons
- plusieurs factures ;
- une mise en demeure ;
- un relevé de compte.
A. Ordonnances prises sur le fondement de la loi EGALIM
- ordonnance n° 2019-362 relative à la coopération agricole ;
- ordonnance n° 2019-361 relative à l’indépendance du conseil phytopharmaceutique ;
- ordonnance n° 2019-359 relative à la transparence et aux pratiques restrictives de concurrence ;
- ordonnance n° 2019-358 relative à l’action en responsabilité pour prix abusivement bas ;
- ordonnance n° 2019-363 renforçant certains pouvoirs de police judiciaire.
- l’information des associés ;
- la transparence sur les prix ;
- le rôle du HCCA ;
- la médiation ;
- la révision coopérative ;
- les règles de contractualisation ;
- les obligations du règlement intérieur.
B. Réponse ministérielle concernant les CUMA
C. Loi PACTE du 22 mai 2019
- d’inscrire une raison d’être dans les statuts ;
- de prendre en compte les enjeux sociaux et environnementaux dans la gestion ;
- d’adopter la qualité de société à mission ;
- d’étendre certaines exonérations de cotisation foncière des entreprises ;
- de modifier les règles de nomination des commissaires aux comptes.
D. Décret du 29 mai 2019
- 6 millions d’euros de total de bilan ;
- 12 millions d’euros de chiffre d’affaires hors taxes ;
- 50 salariés en moyenne.
- 20 millions d’euros de total de bilan ;
- 40 millions d’euros de chiffre d’affaires ;
- 250 salariés.