Octobre Décembre 2019
BICA #167
Le BICA n° 167 traite principalement de la question du foncier agricole détenu ou exploité par les coopératives agricoles. Il examine la capacité juridique des coopératives à acquérir des terres, à les exploiter directement ou à les mettre à disposition d’associés, tout en rappelant les limites liées à leur objet social et au caractère nécessairement accessoire de ces opérations. Le bulletin analyse également le décret du 5 novembre 2019 relatif à la coopération agricole, qui précise les obligations d’information des associés, les règles de retrait, les pouvoirs du HCCA, la révision coopérative et le rôle du médiateur de la coopération agricole. Trois décisions de jurisprudence et un décret relatif aux organisations de producteurs dans la filière betterave sucrière complètent le numéro.
Sommaire
A. L’acquisition et l’exploitation du foncier agricole
- maintien de l’activité agricole sur un territoire ;
- installation de jeunes agriculteurs ;
- reprise d’exploitations sans successeur ;
- maintien des volumes d’apport à la coopérative ;
- préservation de l’équilibre économique de certaines filières, notamment viticoles.
B. Les limites à l’acquisition du foncier
- liée à l’objet social de la coopérative ;
- motivée par un intérêt professionnel ;
- dépourvue de caractère spéculatif ;
- directement rattachée à l’activité agricole ;
- accessoire par rapport à l’activité principale de la coopérative.
C. La décision d’acquérir
- définisse précisément les objectifs poursuivis ;
- fixe des limites en matière de surface, de durée et d’investissement ;
- mesure les conséquences sur le modèle économique ;
- analyse les incidences sur les associés ;
- informe clairement l’assemblée générale ;
- se concerte avec les acteurs locaux.
D. Les modalités de financement
- autofinancement ;
- emprunt bancaire ;
- augmentation du capital ;
- parts sociales d’épargne ;
- parts à avantages particuliers ;
- recours à des associés non coopérateurs ;
- création d’une filiale ;
- titres participatifs ou obligations ;
- subventions ;
- financement participatif.
E. Le recours à une filiale
- société civile d’exploitation agricole ;
- EARL ;
- société civile immobilière ;
- groupement foncier agricole ;
- société commerciale.
- de limiter l’investissement direct de la coopérative ;
- de faire intervenir d’autres investisseurs ;
- de préserver le caractère accessoire de l’activité foncière ;
- d’isoler certains risques ;
- de mieux adapter la structure juridique à l’objectif poursuivi.
F. Les différentes formes d’exploitation
Exploitation directe par la coopérative
- au contrôle des structures ;
- aux autorisations d’exploiter ;
- aux déclarations administratives ;
- à la réglementation agricole applicable.
Exploitation par une SCAEC
Mise à disposition à un associé
- un bail ou une convention adaptée ;
- le paiement d’un loyer ;
- l’obligation de livrer les produits à la coopérative ;
- une cohérence entre la durée de mise à disposition et la durée de l’engagement coopératif.
G. Le portage foncier
- une acquisition directe par l’associé ;
- une filiale foncière ;
- un partenariat avec la SAFER ;
- une société de propriété agricole ;
- une promesse avec clause de substitution.
H. Le décret du 5 novembre 2019 relatif à la coopération agricole
- l’information des associés lors de l’adhésion ;
- les nouvelles modalités de retrait ;
- l’organisation des assemblées générales ;
- les documents relatifs au prix des apports ;
- le retrait d’agrément ;
- le contrôle des coopératives ;
- la commission consultative du HCCA ;
- le guide des bonnes pratiques de gouvernance ;
- le médiateur de la coopération agricole.
A. Taxe foncière et activité salicole
B. Pouvoir du directeur et du conseil d’administration
C. Responsabilité du commissaire aux comptes
A. Décret n° 2019-1137 du 5 novembre 2019 relatif à la coopération agricole
Information lors de l’adhésion
- la liste des dirigeants ;
- les coordonnées des référents pouvant faciliter son intégration.
Retrait de l’associé
- le retrait anticipé doit être accepté en cas de force majeure justifiée ;
- il peut être accepté pour un motif valable si le départ ne nuit pas au fonctionnement de la coopérative ;
- la décision de retrait doit être notifiée au président ;
- la notification doit intervenir avant la fin de la période d’engagement ;
- le renouvellement tacite reste limité à cinq ans.
Assemblées générales
- les informations relatives à l’affectation du résultat ;
- les données sur les prix pratiqués ;
- les indicateurs de prix et de coûts ;
- les informations obligatoires issues de l’ordonnance de 2019.
Retrait d’agrément
- la coopérative doit être mise en mesure de présenter ses observations ;
- la décision est publiée ;
- une assemblée générale extraordinaire doit être convoquée dans les trois mois ;
- cette assemblée doit décider soit la dissolution, soit l’adoption de nouveaux statuts.
Contrôle et révision
- ses comptes et rapports ;
- la liste de ses filiales et sociétés contrôlées ;
- les documents relatifs aux prix et indicateurs ;
- les attestations des commissaires aux comptes.
Commission consultative du HCCA
- des représentants des organisations syndicales agricoles ;
- des représentants du HCCA ;
- des personnalités qualifiées en droit et économie agricoles.
Guide de gouvernance
- fonctionnement des organes d’administration ;
- comités spécialisés ;
- conditions d’exercice du mandat d’administrateur ;
- indemnisation et formation ;
- organisation des assemblées générales ;
- animation territoriale et participation des associés ;
- renouvellement des générations ;
- représentation des femmes dans les organes dirigeants.
Médiateur de la coopération agricole
- entre un associé coopérateur et sa coopérative ;
- entre coopératives ;
- entre une coopérative et une union ;
- entre unions.
B. Décret n° 2019-1163 du 8 novembre 2019 relatif aux organisations de producteurs de betteraves sucrières
- d’un volume annuel minimal de 300 000 tonnes de betteraves à 16 degrés saccharimétriques commercialisées auprès d’une même sucrerie ;
- d’au moins 250 producteurs livrant leur production à cette même usine ;
- de moyens humains correspondant au moins à un demi-équivalent temps plein.