I. Les opérations accessoires
Sur option statutaire, la coopérative peut effectuer des opérations de fourniture de biens et de services à titre accessoire (moins de 5 % du CA), à la demande des associés et sans engagement statutaire complémentaire, dès lors qu'elles se rattachent directement à l'objet social. Ces opérations sont exonérées d'IS lorsqu'elles sont effectuées avec les membres ; elles entrent dans la limite de 20 % et sont taxables lorsqu'elles le sont avec des tiers.
II. Les activités annexes
Les articles 3 §3 et 4 des statuts types autorisent des opérations conformes à l'objet social effectuées pour le compte propre de la coopérative (exploitations en propre), ainsi que la mise à disposition de moyens à d'autres coopératives agricoles ou SICA. Ces opérations, comptablement ordinaires, font l'objet d'un traitement fiscal spécifique.
III. Les opérations avec les tiers non-associés dans le cadre de l'option statutaire
Sur option adoptée en assemblée générale extraordinaire, la coopérative peut traiter avec des tiers non associés dans la limite de 20 % de son chiffre d'affaires par branche d'activité. Cette faculté vise à atteindre un seuil critique permettant l'accès à certains marchés et la répartition des frais généraux sur un volume élargi. Les tiers doivent être distingués des associés coopérateurs avec lesquels un contrat de coopération subsiste, rendant tout contrat de vente concurrent inopposable.
IV. Gestion comptable : affectation du résultat
Les opérations avec des tiers non associés exigent une comptabilité séparée. Les excédents qui en résultent ne peuvent être ni distribués aux associés, ni incorporés au capital : ils sont affectés à une réserve indisponible spéciale destinée en priorité à l'apurement des pertes.
V. Régime fiscal
Les opérations avec des tiers non associés sont exclues de l'exonération d'IS dont bénéficient les coopératives agricoles. Cette exclusion est strictement interprétée : elle couvre toutes les opérations avec des tiers, y compris celles à caractère patrimonial civil. Les bénéfices imposables doivent résulter d'une comptabilité distincte, et non d'une simple application de prorata de chiffre d'affaires. Les subventions d'équipement affectées à des immobilisations à usage mixte sont rapportées au bénéfice imposable au prorata des amortissements pratiqués.
VI. Rapprochement de sociétés coopératives agricoles
En cas de fusion, les due diligences doivent inclure un audit du respect du principe d'exclusivisme et du régime de taxation partielle des opérations avec des non-coopérateurs, avec vérification de la comptabilité spéciale, de l'affectation des excédents à la réserve indisponible et de la révision périodique.
VII. Les contrôles
Les coopératives ayant opté pour les opérations avec des tiers non associés sont soumises à une révision coopérative quinquennale obligatoire, sans condition de seuil. L'administration fiscale peut à tout moment requérir la production de la comptabilité justifiant du respect des dispositions légales.
VIII. Les règles relatives à la vente des produits agricoles
La relation entre la coopérative et ses associés coopérateurs est soustraite aux obligations de contractualisation des articles L. 631-1 et L. 631-24 du code rural, à condition que les statuts ou le règlement intérieur comportent des dispositions d'effet similaire. Cette dérogation ne couvre pas les opérations effectuées avec des tiers non associés, qui restent soumises au droit commun.